Detox Digitale : Instagram-mer sa vie

Cette intoxication digitale n’est ni à diaboliser, ni à contrer. Il faut vivre avec son temps et internet a, pour l’instant, apporté bien plus d’outils positifs que de culs-de-sac intellectuels.

Toutefois, et même si le terme detox digitale est trop fort, il faut prendre (ou faire prendre) les bonnes habitudes pour ne pas sombrer dans un quotidien 2.0 dénué de fenêtres 1.0

En ce sens, et pour cette première chronique, nous avons souhaité nous attarder sur l’effet Instagram, ce miroir aux alouettes qui donne l’impression de disposer d’une vie fabuleuse à travers….celle des autres.

Oui, Instagram est un fabuleux outil marketing

Avant de nous attarder sur les intoxications liées à Instagram, ne perdons pas de vue tous les bienfaits de ce réseau social où l’image joue le rôle d’une supernova numérique :

  • Communiquer par l’image, un réel plus pour les marques. Comme l’indique l’adage, 1 image vaut 1000 mots, alors pourquoi ne pas faire rêver par cette lucarne numérique?
  • Toutes les entités peuvent entrer en relation avec des passionnés, des amateurs, des admirateurs et des curieux. Marque, ONG, association, personnalité, hôtels, Instagram permet de disposer d’une ouverture sur le monde particulièrement puissance. De plus, puisqu’il n’est uniquement possible que de l’utiliser depuis son mobile, la sensation de mobilité est encore plus forte.
  • Grâce à une stratégie Instagram-esque puissante, le sentiment d’appartenance est démultiplié, et ce, bien plus que sur Facebook. Nul besoin de lire, il suffit d’ouvrir les yeux pour en « en faire partie ».

De la frustration 2.0 à chaque cliché

Sur Instagram, les échanges sont visuels à 99% puisque les commentaires se résument souvent à quelques anagrammes et autres LOL. En ce sens, l’échange est TRES unilatéral pour ne pas écrire bien TROP unilatéral. Un membre poste une photo, bien souvent traficotée, pour obtenir une reconnaissance 2.0 qui lui laissera penser qu’il est entouré, et, numériquement aimé, pourtant les outils existent pour ne pas être hyper-connecté.

Les « abonnés » et autres Phubbers recevront quant à eux de sublimes clichés et, sans attendre, la sensation de frustration les envahira. Prenez le temps d’imaginer la scène : Vous suivez des instagram-ers, que vous ne connaissez physiquement sans doute pas, et ceux-ci divulguent uniquement par partie « rêve » de leur vie via des clichés venant du bout du monde ou leurs derniers achats 100% logotés « marques à la mode ».

Selon vos moyens, vous allez, dans la plupart des cas, vous émerveillez devant cette somme de clichés. Le retour à votre vie 1.0 pourrait s’annoncer plutôt difficile une fois le smartphone mis en veille, non?

Dans la plupart des cas, l’échange est basé sur des liker-s frustrés. Se mettre en mode avion n’aura pas d’impact, votre souhait de décoller vers ces clichés paradisiaques est déjà dans votre encéphale…

Un miroir aux alouettes 2.0

Le terme a été évoqué en préambule, mais comment mieux déterminer Instagram? Sur les autres réseaux sociaux, même si l’image prime, il y a toujours la présence du « verbe » via un lien ou un débat.

En soi, Instagram permet de rêver, ce qui est encore l’une des rares choses non taxées sur cette planète (bien que techniquement le smartphone préalablement acheté le soit…). Cela étant, il suffit de prendre le temps de lire le vide abyssal des commentaires pour saisir la teneur intellectuel de l’échange. C’est simple : il n’y a aucun échange.

Alors forcément, les membres d’Instagram joue le jeu, et, vont à leur tour poster une photo « magnifique » dès qu’ils le pourront. Autrement dit, il vont aussi tenter de « vendre du rêve » à leurs followers. La puissance de cette mécanique est infinie, et, chacun tente de magnifier son quotidien pour le rendre Instagram-compatible. 

C’est à partir de cet instant que l’addiction vérole le simple fait d’être un membre d’un réseau social. Pour lutter contre cette frustration, hormis une detox digitale, les membres sont sur-énchérir, et ce, au point, de modifier la réalité (voir l’article sur le « dessous » des clichés Instagram »).

Maitriser sa consommation pour ne pas développer sa jalousie

Comme évoqué plus haut, l’objectif n’est certainement pas d’abolir sa consommation d’internet mobile, mais bien de la maitriser. L’addiction à Instagram nous semble bien plus puissante que celle des autres réseaux sociaux. 

A ce titre, pourquoi ne pas se poser la question suivante : Quels sont mes objectifs en m’inscrivant sur Instagram? 

Il peut tout à fait s’agir de raisons « valables » (suivre l’actualité d’une personnalité, d’un artiste, d’une marque), mais dès que cela nourrit une frustration, et, des heures de navigation sans objectif précis, une detox digitale pourrait être pertinente.

Oui, Instagram permet de voir le monde avec des filtres

Non, Instagram n’est pas un outil 2.0 sensé développer une frustration 1.0