Journal de bord : Detox Digitale pendant 4 jours

Detox smartphone en l’an 2015

Afin d’étayer nos propos d’un exemple concret, l’un de nos lecteurs souhaite nous faire suivre sa detox digitale qui va durer 4 jours. Sur cet article, vous trouverez, chaque jour, son vécu et son ressenti (d’où le « Je »).

Nous précisons que pour des raisons professionnelles, il s’agit d’une detox smartphone, et non, d’une coupure totale d’internet (il y a uniquement accès depuis son ordinateur pendant les heures de travail).

Mais cela exclut toute navigation depuis son smartphone et toute utilisation de celui-ci dont les communications sur WhatsApp, Snapchat, Instagram, Facebook et autres sucreries 2.0.

Jour 1 : Tout va bien (pour l’instant…)

Cette première journée s’est bien déroulée dans son ensemble. Le manque n’a pas été flagrant si ce n’est au moment de donner rendez-vous à ma copine pour dîner. J’ai du utiliser ces bons vieux e-mails et faire en sorte d’être à l’heure, car pas de possibilité de la prévenir à moins d’avoir un pigeon voyageur sous le coude…

Des plaisirs redécouverts (lecture, moins de stress)

Cette première journée m’a permis de regoûter à quelques plaisirs perdus :

Bouquiner sur la route du travail et surtout le soir, quel bonheur (combien de temps vais-je considérer cela comme tel?).

Découvrir ses e-mails pros et personnels en arrivant au travail et pas au réveil, ce qui est particulièrement stressant en fait! Vraiment sympa de débuter sa journée en arrivant au bureau et pas 2 heures avant…

Mon pouce est en RTT

– Idem pour le soir : pas la possibilité de checker compulsivement mes e-mails avant de me coucher. J’ai dormi comme un bébé (j’étais bien crevé de ma séance de sport faut-il le préciser…). Au-delà des e-mails, je ne me sentais pas l’obligation de lire les infos sur plusieurs sources (notamment avec les événements actuels). Je me suis rendu compte que, lors de ma routine, je m’obligeais littéralement à dévorer les actualités alors que là, je me suis satisfait de 2 checks de 5 minutes au cours de la journée depuis mon ordinateur du bureau.

Même si aucun besoin ne s’est détaché, j’ai quand même super envie de vérifier mes Whatsapp…mais non, je tiens le coup. Toutefois, la question centrale est : Quelqu’un a-t-il pensé à moi? On en reparlera.

Baromètre du jour 1

Besoin de me connecter à mes comptes sociaux : 3/10

Besoin de ne pas rater une information (actualités, potes, etc…) : 2/10

Etat de mon cerveau : 11/10

Stress moyen de la journée : 2/10

Jour 2 : Ca se complique

Cette deuxième journée a été un peu plus compliquée que la première, car j’ai dû me déplacer à de nombreuses reprises. À ce titre, il n’a pas toujours été facile d’arriver à l’heure (impossibilité de commander un Uber ou de choisir l’itinéraire le plus rapide grâce à internet) et surtout de faire comprendre l’objet de ma démarche aux personnes avec qui j’avais rendez-vous.

Cela étant, un peu de pédagogie ne peut pas nuire surtout en matière de detox digitale. La principale difficulté était liée au fait de ne pas pouvoir prévenir en cas de retard, ce qui était mon cas lors de mon second rendez-vous. Heureusement, la personne a eu l’intelligence de rester à l’endroit prévu.

Le plaisir de lire et de me réveiller en douceur

Toutefois, d’un point de vue plus personnel, je commence vraiment à apprécier cette detox digitale car j’ai enfin plus de temps pour moi. Cela va, comme souligné lors du compte rendu de la première journée, d’un réveil tout en douceur à la possibilité de dévorer mes livres du moment.

Sincèrement, en terme de qualité de vie, il s’agit d’un réel plus qui n’est pourtant pas compliqué à mettre en place. À ce stade du processus, je suis déjà persuadé que mon hyper-connectivité n’est vraiment pas essentielle à mon quotidien. Ce qu’il y a de sûre c’est que je me demande toujours ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux et sur ce fichu WhatsApp

Baromètre du jour 2

Besoin de me connecter à mes comptes sociaux : 4/10

Besoin de ne pas rater une information (actualités, potes, etc…) : 4/10

Etat de mon cerveau : 10/10

Stress moyen de la journée : 5/10

Jour 3 : Emergence d’un manque, le FOMO est en moi

Le facteur temps entre en jeu

Cette troisième journée est particulièrement intéressante bien qu’un peu stressante. En effet, je commence à me projeter en me demandant comment je vais utiliser cette nouvelle quantité de temps disponible. Sport, sorties, visites de musée, nouveaux hobbies, tout est à présent envisageable (impossible il y a 3 jours…).

En effet, le fait de ne pas geeker sur son smartphone le matin, en journée et bien entendu le soir libère énormément de temps. Vous savez ce paramètre qui semble toujours vous me manquer alors qu’il est la à portée de main!

Je veux plus d’informations concernant les actualités

A contrario, je ne pense pas être encore sevré dans le cadre de cette detox digitale concernant mon besoin d’informations. Hier, j’ évoquais ma curiosité concernant ce que se déroulait sur les réseaux sociaux, mais aujourd’hui, cela concerne aussi les actualités au sens large du terme.

Par exemple, passionné de football, c’est assez horrible de ne pas pouvoir suivre tous les scores des matchs de la soirée en même temps. De même, c’est quand même très pénible d’entendre ses collègues évoquer un sujet alors que vous n’êtes au courant de rien. Le FOMO qui est en moi prend de l’ampleur…

La tentation de checker les mails professionnels après 20 heures

Au niveau professionnel, j’ai aussi l’impression que des infos m’échappent. J’ai très envie de checker mes mails le soir afin de découvrir certaines réponses à mes emails. Travaillant en décalage horaire avec mes interlocuteurs, je me couche quand ils attaquent leur après-midi, ce scénario est donc plausible.

Baromètre du jour 3

Besoin de me connecter à mes comptes sociaux : 5/10

Besoin de ne pas rater une information (actualités, potes, etc…) : 6/10

Etat de mon cerveau : 8/10

Stress moyen de la journée : 5/10

Jour 4 : J’ai craqué….

Cela été franchement inévitable et prévisible. J’ai clairement craqué hier après-midi, soit après tout de même 3,5 jours de detox digitale. En soi, ce n’est pas si grave, car l’objectif de cette detox digitale n’est pas de se sevrer à 200 %, mais bien de prendre conscience qu’un smartphone ne nécessite pas une sur-utilisation de 5 heures par jour.

45 minutes d’un shoot 100 % digital

J’ai donc craqué pendant 15 minutes….enfin….plutôt 45 minutes à vrai dire! Ce qu’il y a d’intéressant est la structure de ces 45 minutes.

Facebook et Instagram au pilori

– 15 minutes m’ont suffit pour les réseaux sociaux, à savoir Facebook et Instagram. Cela montre bien que le besoin d’infos « détritus » comme il y en a sur ces réseaux sociaux n’est pas réel. D’ailleurs, c’est le fait de répondre à mes Inbox qui m’a pris du temps, et non, le fait de visionner d’énièmes vidéos des LOLCats. Le bilan est donc la forte réduction presque naturelle de checker Facebook et Instagram. Qu’on se le dise, il ne s’y passe rien et je songe à mettre en place des alertes en mode « Curation » pour filtrer les infos intéressantes. je pense facilement pouvoir gagner 1 heures de « vie » par jour, oui, oui, 60 minutes.

La WhatsApp-dépendance

– 30 minutes sur WhatsApp. Je vous faisais part de mon besoin lors du jour 3 de savoir ce que se tramait sur cette application de communication. J’ai donc passé les deux-tiers de mon temps de « craquage » à lire les 247 messages en attente. D’ailleurs, il y a avait des messages de 2 clients distincts, et, ces derniers ne m’ont même pas relancé par e-mail. Comme si WhatsApp était l’équivalent du courrier électronique, et ce, malgré le fait de leur avoir indiqué de ne pas me contacter par WhatsApp (augmentation du stress, car mes connexions sont exclusivement privées sur WhatsApp).

Réduction plutôt que suppression du smartphone

Cet écart de conduite dans ma detox digitale m’a au moins fait comprendre que c’est bien l’utilisation que nous faisons de notre portable qui est nocive, et non, l’objet lui-même.

Le fait de réduire sa consommation a véritablement changé la structure de mes journées, et, je m’en trouve largement moins stressé et tendu. Rien que le fait de ne pas consulter ses e-mails professionnels, et, les réseaux sociaux, le soir et le matin, change une vie, je peux vous l’assurer. La dépendance qui prend sa source au sein du FOMO ne m’aura pas…

Baromètre du jour 4

Besoin de me connecter à mes comptes sociaux :…0/10 puisque je viens de prendre mon shoot

Besoin de ne pas rater une information (actualités, potes, etc…) : 3/10 (que s’est-il passé depuis ma connexion express?)

Etat de mon cerveau : 8/10

Stress moyen de la journée : 2/10